15 mai 2026 / Actu du numérique

L’IA, nouveau « Personal Shopper » des 15-25 ans : vers une mutation profonde du commerce

Le monde du digital a connu une première bascule majeure il y a une dizaine d’années avec l’avènement des influenceurs. Aujourd’hui, une nouvelle force redessine les contours de la consommation : l’Intelligence Artificielle. Selon une étude OpinionWay pour Orisha Commerce menée auprès de 804 jeunes Français, l’IA ne se contente plus de générer du texte, elle s’immisce désormais au cœur de l’acte d’achat.

 

1 jeune sur 3 achète via les LLM’s

C’est le chiffre clé qui illustre cette transition : 1 jeune français sur 3 a déjà acheté un produit via un outil comme ChatGPT. Plus révélateur encore, 33 % des 15-25 ans affirment acheter régulièrement des produits recommandés par ces plateformes.

L’IA intervient désormais à chaque étape du tunnel de conversion : 35 % des jeunes l’utilisent pour s’informer et 29 % pour découvrir de nouveaux produits. Si les influenceurs « humains » conservent une courte avance avec 62 % de taux de confiance, l’IA talonne désormais ce modèle avec 59 % de confiance déclarée. Un score impressionnant qui oblige les marques à repenser leur visibilité.

 

Du SEO au GEO : s’adapter aux nouveaux flux

Pour les marques, l’enjeu n’est plus seulement de booster leur référencement naturel pour remonter dans les résultats Google (SEO), mais de devenir une référence pour les algorithmes génératifs. C’est l’ère du GEO (Generative Engine Optimization). L’objectif ? Optimiser ses données pour que les LLM (Large Language Models) citent vos produits lors d’une requête utilisateur.

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Car contrairement aux idées reçues, l’IA ne remplace pas les anciens canaux, elle s’y superpose comme un assistant personnel. Prenons un exemple concret :

Vous hésitez entre deux tablettes pour vos usages quotidien et le télétravail. Sur un site marchand, les deux fiches techniques se valent. Plutôt que de lire des dizaines de comparatifs, vous demandez à l’IA de trancher pour vous, en fonction de vos préférences de logiciels et de votre budget. L’IA devient alors le conseiller de vente ultime, celui qui apporte la validation finale avant le clic.

 

Les réseaux sociaux : le premier point de contact

Malgré la montée en puissance de l’IA, les réseaux sociaux restent les maîtres du jeu dans la découverte de produits (59 % des citations), portés par une force de frappe colossale : 82 % des 15-25 ans utilisent les réseaux pour leur shopping.

TikTok s’impose comme la première plateforme d’information produit (66 %), devant Instagram (44 %). Pourquoi ? Pour le besoin de concret. Un unboxing, une démonstration en vidéo ou des avis d’utilisateurs réels en commentaires rassurent davantage qu’un descriptif standard sur un site e-commerce qui n’a pas été mis à jour depuis des années.

 

La règle des « trois clics » et l’achat d’impulsion

La fluidité est le moteur de cette consommation. Grâce au Social Commerce, le parcours d’achat est réduit à son strict minimum. Imaginez :

  1. Vous regardez une story Instagram (1er clic).
  2. Le produit vous plaît, vous cliquez sur le CTA pour l’acheter (2ème clic).
  3. Vous arrivez sur la page produit intégrée, vous validez votre panier (3ème clic).

Le résultat ? La vente est conclue sans même avoir quitté l’application. Cette efficacité explique pourquoi 83 % des jeunes ont déjà acheté un produit découvert par hasard sur les réseaux sociaux.

 

Entre enthousiasme et lucidité : les freins persistent

Cette omniprésence de la recommandation algorithmique nourrit une certaine forme de surconsommation, dont les jeunes ont conscience. Si 81 % apprécient la publicité quand elle est personnalisée, 71 % jugent les contenus sponsorisés trop nombreux et 74 % restent méfiants envers les placements de produits des influenceurs.

L’IA, quant à elle, doit encore lever des barrières psychologiques et techniques :

  • 46 % des jeunes craignent des conseils inadaptés ou des « fakes ».
  • 36 % doutent de sa capacité à comprendre réellement leurs goûts personnels.
  • Les questions de protection des données (26 %) et de manque de transparence des algorithmes (17 %) restent des sujets de friction majeurs.

 

Une IA complémentaire, pas substitutive

L’étude est claire : si 64 % des jeunes affirment pouvoir se passer de l’IA pour leurs achats, 33 % souhaitent y recourir davantage à l’avenir. L’IA ne vient pas balayer les moteurs de recherche ou les réseaux sociaux, elle vient appuyer les choix. Elle transforme le commerce en un trafic continu où l’envie d’achat naît d’une recommandation ciblée et se concrétise par une interface conversationnelle ou sociale.

Pour les acteurs du retail, le message est limpide : le commerce de demain sera hybride, à la croisée de l’influence humaine et de la précision algorithmique. Il est donc essentiel de savoir dès à présent comment communiquer avec ces nouveaux modes de consommation.